La lente usure de l’assurance-vie, placement favori des Français

937
0
Share:

Au fur et à mesure, le rendement de l’assurance-vie, placement phare des ménages avec plus de 1 588 milliards d’euros d’encours, poursuit sa chute. 2015 n’est pas exclue, malgré que les premiers chiffres affichent une baisse modérée, comparé au taux du fonds en euros de l’Association française d’épargne et de retraite (AFER), qui effectue un repli de 15 points, à 3,05 %.

« La baisse est maîtrisée, nous aurions même pu donner davantage mais nous avons préféré sécuriser une partie de nos résultats, car il faut préserver l’avenir dans un environnement incertain », explique Gérard Bekerman, président de l’AFER. Certes, il ne s’agit que d’une première tendance. Les bancassureurs, qui représentent 64 % du marché, n’ont pas encore dégainé. « Les fonds en euros vont baisser en moyenne de 25 points, pour atteindre 2,25 % en 2015 », d’après une estimation de Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures.

« Ce niveau peut encore paraître élevé, étant donné le contexte de taux extrêmement bas dans lequel naviguent les assureurs », indique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. Les taux obligataires, principal lanceur des fonds en euros, ont en effet baissé quant tenu de la politique de la Banque centrale européenne. L’emprunt d’Etat d’indication, l’obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans, montre, par exemple, un rendement situé en dessous de 1 %.

Endurance… relative

En effet, plusieurs assureurs continuent de profiter des rendements plus importants des obligations achetées précédemment et des plus-values effectuées dessus. Ils puisent donc dans cette réserve. La bonne tenue de la Bourse a aussi participé au maintien des taux intéressants, une petite partie des fonds en euros – entre 5 % et 10 % étant assiégée en actions. Cette proportionnelle résistance s’explique au final par des raisons commerciales. « Ce marché est très concurrentiel, et les compagnies ne veulent pas prendre le risque d’abîmer leur image en baissant fortement le rendement de leurs fonds en euros », explique M. Crevel.

Share:
Sophie